L'acharnement ou « la Mouche »

 

L’ACHARNEMENT  (La Mouche)

 

Ou pourquoi continuer à faire de ce qui ne marche pas?)

 

Avez-vous déjà remarqué ce que fait une mouche lorsqu’elle se sent prise au piège et veut sortir de la maison? Au moment où elle voit l’extérieur, elle veut s’y précipiter. Malheureusement, la fenêtre est fermée vers la liberté. Que se passe-t-il, alors ? Elle s’acharne à vouloir sortir quant même par là, sans discontinuer un instant. Pourtant si elle s’arrêtait et regardait autour d’elle, elle se rendrait compte que la fenêtre du côté opposé est ouverte et que c’est ce chemin qu’elle devrait emprunter. Mais non, elle persévère dans ce comportement inutile. J’entends constamment son BZZZZ et je la vois monter et descendre le long de la vitre sans jamais pouvoir sortir. Au moment où le son se taira, la mouche sera tombée d’épuisement sur la tablette de la fenêtre et y mourra. Comportement bien inutile, direz-vous puisqu’il n’aura servi qu’à la vider de son énergie sans possibilité de succès.

 M’arrive-t-il de me comporter comme cette mouche et de faire constamment ce qui ne donne pas de résultats satisfaisant, donc ce qui ne marche pas? OUI et ce constat me permet d’affirmer qu’une importante source de stress que je rencontre dans ma vie trouve sa source, ici.

 Je puise très souvent mes réactions dans les apprentissages de mon enfance et dans mon développement ultérieur sans jamais les remettre en question donc sans me rendre compte qu’elles peuvent trop souvent m’amener à utiliser des réponses et des comportements non adaptés aux situations que je rencontre.

  Exemples :

1= Est-ce que je m’acharne à essayer de changer le comportement de l’autre ou sa façon de percevoir une situation en utilisant toujours la même stratégie d’action qui n’apporte pas de changements visibles ni de résultats satisfaisants pour moi. Ce qui trop souvent ne réussit qu’à provoquer chez-moi déception, colère ou insatisfaction et à amener des réactions négatives chez l’autre. En somme, cela ne sert qu’à provoquer et nourrir un conflit de plus, entre nous deux.

2= M’arrive-t-il lors de confrontation avec ma conjointe, mon enfant, ma sœur, de considérer que cette personne ne veut rien comprendre parce qu’elle ne m’écoute pas et surtout ne m’obéit pas? La colère monte en moi parce que je me sens victime de ce que je considère comme une incompréhension et un entêtement de l’autre. Trop souvent, c’est l’agressivité et le mépris qui prennent alors le dessus dans mon être et deviennent une source de tension toujours croissante.

3= Suis-je souvent réactif, lorsque quelqu’un en autorité ( parent ou patron) me fait une critique qu’il juge constructive. Je perçois alors son intervention comme une accusation ce qui me fait réagir dans l’agressivité verbale ou la fuite teintée de hargne sans que je m’arrête à réfléchir à la possible pertinence de ce qu’on me dit.

 M’arrive-t-il de m’acharner dans des comportements d’agressivité, de fuite ou d’entêtement afin d’arriver au résultat que je veux atteindre sans me rendre compte que ma façon de faire n’amène pas de résultat et ne sert qu’à me nuire ? Est-ce que je m’arrête un moment pour m’interroger sur ma compréhension de l’évènement et voir si je n’aurais pas une autre stratégie à essayer? Est-ce que je ne perçois qu’un chemin possible pour arriver au but que je me donne ou suis-je conscient qu’il peut exister bien d’autres façons de faire? Il me serait alors préférable de m’arrêter et de m’interroger sur d’autres solutions possibles? Suis-je condamné à répondre aux impondérables de ma vie de façon réactive ou existe-t-il d’autres avenues auxquelles je peux m’ouvrir?

 Si je réponds oui à un ou plusieurs exemples, je peux y voir un symptôme qui révèle pour moi la reconnaissance et la nécessité du changement. L’analyse et l’évaluation que je peux faire après un évènement dérangeant qui me fait peut-être réagir de façon excessive, m’aideront à cerner ma responsabilité dans le comportement qui ne donne pas le résultat escompté.

Cette semaine, je mets en œuvre mon programme de changement:

 Au moment où survient une situation problématique, je me retire afin de calmer mon émotion et mon stress.

 Une fois, mon contrôle émotionnel bien ancré, je revois l’évènement et j’essaie de l’évaluer en observateur non en acteur.

 Je prends conscience que l’autre est différent de moi et que je dois le respecter dans ce qu’il est afin de faire la distinction entre la personne et son comportement, ainsi abolir le jugement hâtif que je peux amener sur elle.

 Je m’interroge sur les attentes exprimées et la pertinence de les appliquer pour nous deux.

 Si j’en déduis qu’il est important de maintenir les attentes, j’essaie de sélectionner une nouvelle stratégie qui devrait s’appuyer sur un message clair vers une entente claire, sans équivoque et acceptée mutuellement. Je dois viser une solution sans gagnant ni perdant dans le respect de moi et de l’autre

 Dans la mise en branle de la nouvelle stratégie, j’accepte la possibilité qu’il y ait résultat ou non et cette fois-ci, je m’appuierai sur le positif qui en découle et non le négatif. Il doit être clair pour les deux que le jugement négatif n’a pas sa place, qu’il faut que nous continuions de nous en parler et que nous restions ouverts à essayer autre chose si çà ne marche pas.

Bonne semaine                     Jocelyn Boudreau