La communication 1 Les mots

LA COMMUNICATION    1  -  LES MOTS

La communication appartient au règne du vivant. Elle est l’action qui permet à un individu de faire connaitre quelque chose à ses congénères. Elle est transmise par le son, le comportement, l’odeur et même par le frottement des antennes chez différentes espèces d’insectes. La communication sert d’abord à l’instinct de conservation (signal de danger), l’instinct de reproduction (signal de séduction) et divers autres besoins de l’espèce.

Toutefois, chez l’humain elle est un procédé beaucoup plus complexe. Au fil des millénaires, son intelligence se développe et en vient à lui permettre de partager de l’information à son choix. Il se sert de ses facultés mentales que ce soit la somme de ses connaissances, son esprit de déduction, son jugement et autres. Il communique en effectuant un choix parmi ses pairs ou par obligation ( «Je n’ai pas nécessairement le choix de répondre à mon patron ou à un juge» ).

La communication lui permet de partager dans les diverses relations qui s’offrent à lui, ses besoins, ses pensées, sentiments, émotions ou simplement une description de faits ou d’évènements  ou autres messages. Elle lui permet de se confier, de s’expliquer et de s’ouvrir à l’autre.

L’humain possède comme les autres êtres plusieurs moyens de communiquer. Dans ce premier texte, je fais référence au langage verbal que partage un groupe défini culturellement. La communication orale ou verbale est comme l’écrit basée sur le mot donc la parole. Elle est d’abord basée sur la connaissance qu’à l’individu de la langue et de la culture du groupe avec lequel il essaie de communiquer. Moi qui suis francophone du Québec, j’aurais bien de la difficulté à me faire comprendre par un chinois qui possède le mandarin comme langue.

La communication oral est pour l’humain un outil privilégié de transmission de ses images mentales. Ce langage permet à un individu «émetteur» d’échanger des messages avec un autre individu que je peux appeler «récepteur». Afin de permettre une bonne compréhension de l’idée émise, les mots doivent être COMPRÉHENSIBLES pour les deux. Toutefois, comme chacun est unique dans sa personnalité, le mot (base du message) est teinté par ce qu’il est foncièrement et n’est pas nécessairement compris de la même façon par les deux interlocuteurs.

Une différence de perception du mot peut devenir source d’incompréhension et donner lieu à de la colère et du désarroi donc faire vivre des stress inutiles. Je prends pour preuve de ces mauvaises interprétations les phrase que nous avons presque tous déjà entendues : «Tu ne m’écoutes pas quand je parle» ou « Tu déformes ce que je dis» et la plus significative venant d’une troisième personne «Vous ne vous rendez pas compte que vous dites la même chose et que vous continuez à vous obstinez parce que vous ne vous comprenez pas»

Je peux affirmer que la personne «récepteur» interprète dans sa subjectivité la parole de l’autre. Elle filtre l’information par ce qu’elle est foncièrement avec ses croyances, ses sentiments de même que ses valeurs.  Elle donne au mot une «signification claire» pour elle par laquelle elle élabore sa propre version de la ou des paroles émises par l’autre. En exemple, au Québec, on entend souvent : «Ah! C’est écoeurant»; on peut comprendre par cette phrase que c’est dégoûtant ou vomissant mais la façon populaire de l’émettre depuis quelques années est : «C’est tellement bon et délicieux que c’en est écoeurant». Dépendant de sa connaissance de la langue et du régionalisme en question, à quelle compréhension puis-je m’attendre de la part du récepteur?

Il demeure étonnant de se rendre compte de la multitude de sens pouvant être donné à un mot, dans un même dictionnaire. Je vous invite à vérifier le nombre de définitions qu`il peut donner d’un même mot. Essayez avec les définitions de ceux-ci; «avoir, être, état, franc, honneur, ordre, porter, pouvoir, vouloir». Du même souffle, je me mets en situation de relation verbale avec une autre personne et je me demande si je peux être facilement clair et compréhensible en employant tel ou tel mot.

Suite à ce jeu, je comprends mieux que le mot n’exprime pas nécessairement le même sens pour chacun. Alors qu’individuellement, je crois toujours que la signification que je lui donne est sûrement la même pour l’autre, je prends conscience que le mot peut avoir une portée négative importante dans ma relation interpersonnelle et provoquer incompréhension et colère plutôt qu’un échange positif et agréable.

Je dois constater que le mot est utilisé de façon individuelle et personnelle dans le langage : il n’exprime pas nécessairement le même sens pour chacun. L’émetteur se servira peut-être d’un mot que le récepteur ne comprendra pas dans le sens émis. Comment alors s’assurer que le sens et la valeur du mot émis ait la même signification ou compréhension pour le récepteur que pour l’émetteur? L’un ou l’autre doit valider la compréhension du mot par l’interlocuteur afin  de s’assurer d’une même signification pour les deux. Prenons en exemple : «J’aimerais vivre plus de tendresse dans notre quotidien». «Tendresse» réfère à quoi pour moi? Et pour l’autre? Tentez l’expérience, vous trouverez cela très édifiant.

En conclusion, ce texte nous fait prendre conscience de la portée négative que les mots peuvent avoir en relation interpersonnelle. Nous constatons comment le cognitif est important. Mais qu’en est-il des autres aspects de la personnalité comme l’émotion et le sentiment qui souvent se traduisent dans le langage du corps. Ils sont tout aussi importants et nous les survolerons dans un prochain texte.

Cette semaine, je fais le jeu du dictionnaire. J’en profite ensuite pour valider la compréhension «immédiate» qu’ont mes proches ou mes amis ou mes collègues de travail  de ces mêmes mots.

J’essaie de prendre l’habitude de valider les mots quand je suis en discussion avec quelqu’un en employant des phrases telles que : «Est-ce que c’est cela que tu veux dire par ….? Ou comme émetteur …«Est-ce que tu perçois ce mot……..comme moi, c’est-à-dire…….?

N’oubliez jamais qu’une perception différente d’un mot ou groupe de mots peut faire toute la différence entre accord, harmonie, compréhension ou tristesse, colère et autre.

Bonne semaine,                                                                              Jocelyn Boudreau/